Récit de confinement 1

Témoignage d’Estelle, infirmière anesthésiste dans un hôpital du Val d’Oise

Je partage avec vous mon expérience finalement assez limitée du confinement puisqu’en tant qu’infirmière anesthésiste, je dois continuer à aller travailler en cette période de crise sanitaire.

Je me lève le matin avec la sensation d’être en plein cauchemar depuis que tout est devenu un peu surréaliste dans ma vie : Être seule sur la route le matin, ne plus faire le métier que j’ai l’habitude de faire, devoir m’adapter à la situation aussi stressante soit- elle… Nous avons récemment créé un service de réanimation dans la salle de réveil d’un bloc opératoire pour pouvoir accueillir une dizaine de patients supplémentaires.

Mon confinement aujourd’hui consiste essentiellement à sortir pour aller travailler puis me retrouver totalement seule chez moi, le soir et les quelques jours de repos.

Le confinement me fait ressentir diverses émotions :

De la tristesse car je fais ce métier pour sauver des vies, soigner et là, je me retrouve parfois impuissante devant cette situation de guerre.

De la colère car je suis infirmière mais aussi femme et maman. Je me suis donc séparée de mes proches pour les protéger du virus. Mon fils est parti chez son père (nous sommes divorcés) et pour moi, cette séparation une épreuve de plus dans ma vie.

Je ressens aussi parfois un grand sentiment d’injustice puisque que le Covid me vole le temps que je pourrais passer avec les gens que j’aime.

De la peur aussi car je crains aussi pour ma vie.

Et puis vient le temps du courage pour se consacrer à ce que j’aime faire, des petites choses presque futiles devenues indispensables pour retrouver le moral et la force intérieure pour affronter cette guerre :

danser seule chez moi, faire du yoga, me préparer ma tisane préférée, parler à ma meilleure amie qui me soutient tous les soirs, écouter des podcasts de motivation, m’occuper de ma maison, cuisiner mon plat préféré, rire devant certaines vidéos qui circulent sur le covid, guetter vos applaudissements qui me réchauffent le coeur et me touchent à en pleurer.

Un peu comme les mots de Jean-Jacques Goldman qui dit si bien : « soyons fiers de nous, quoi que nous fassions ! ».

Que vous soyez confinés chez vous, que nous soyons sur le front à faire ce que nous pouvons…. c’est notre seule arme de guerre, notre seule défense. Soyons tous fiers de nous, merci pour votre soutien.

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