Récit de confinement : Anne – Laure Lesquoy

Co-fondatrice de la célèbre marque de bijoux & d’accessoires brodés Macon & Lesquoy, Anne-Laure jongle entre sa boite à faire tourner et sa vie familiale nouvellement confinée.

Aprés l’annonce du confinement et la fermeture de notre boutique parisienne, il a fallu tout réorganiser sur les chapeaux de roue. Se renseigner sur les nouvelles formalités administratives, évaluer les chances et moyens de survie de l’entreprise, rassurer nos salariés, organiser le travail à distance. Sans oublier la fabrication de la prochaine collection et la conception de la suivante… 

Bref, le plus dur pour moi en cette période de confinement n’est pas de trouver comment occuper mes journées !

Être chef d’entreprise en ce moment, c’est raide mais ça reste beaucoup plus vivable que le métier de soignants. De plus, vivant dans une grande maison à Granville, dans une région pas encore submergée par l’épidémie, ma situation reste assez privilégiée.

Confinement en famille  : 1 mari + 2 ados

Nous sommes quatre à la maison: mon mari et mes 2 grands enfants :

Ma fille est partie étudier le droit espagnol il y a deux ans à Madrid. De retour à la maison depuis la fermeture de son université, elle bosse toute la sainte journée. Après 15 jours, je peux dire en toute objectivité qu’elle est la compagne de travail idéale ! Installée en face de moi, sur la table de la cuisine, elle est capable de rester toute la journée concentrée et sereine sur sa pile de bouquins. D’ailleurs, selon elle : « Le droit, c’est déjà un semblant de confinement. Et comme ça fait déjà 2 ans que je suis en révision permanente pour mes partiels, par rapport à vous tous, maman, j’ai déjà un bon entrainement ! »

En revanche, mon fils de 16 ans vit cette situation avec beaucoup moins de sérénité !  Ne plus pouvoir faire du skate ni sortir avec ses copains, bosser tout seul dans sa chambre, toutes ces contraintes ne font clairement pas parties de sa routine. Ni de ses aspirations !

Le B.a-ba du confinement expliqué à un ado…

La première semaine a donc été ponctuée par de fréquents débats houleux avec son père et moi sur le thème :

Qu’est ce qu’une conduite responsable en période d’épidémie?

À quoi sert le respect des règles ?

Comment être solidaire avec ceux qui n’ont pas la chance d’avoir nos conditions de vie ?

Comment aider ceux qui vivent l’enfer en assurant les soins des malades ?

Contres arguments de l’ado confiné

Si le skate park est désert et que j’en fais tout seul, en quoi ça empire l’épidémie ?

Et pourquoi, si je peux promener mon chien (nous n’en n’avons pas!) je n’ai pas le droit de faire un tour en vélo ?

Quoi les devoirs scolaires ? Je te signale que la plateforme ne marche pas !

Et ça, tous les jours, avec quelques variantes….

Avant hier, une cheville foulée a définitivement clos le débat sur le skate, et le coup de fil de la prof principale a relancé le travail scolaire. En bref, on ne s’ennuie pas, le débat avance bien, et j’ajouterai qu’avec des ados, tant que la communication n’est pas interrompu, rien n’est jamais perdu.

Et si les contraintes rendaient créatif

Comme tout un chacun, il y a évidemment une multitude de choses qui me manquent pendant ce confinement mais ça n’a pas grand intérêt de les énumérer… 

En revanche, l’émergence d’initiatives et autre sursauts créatifs chez soi et chez les autres m’étonnent et me réjouissent, surtout avec les contraintes du confinement.

Je pense à la vidéo réalisée récemment à plusieurs pour fêter l’anniversaire d’une copine. Le concert de Stéphane Eicher depuis sa cuisine relayé par Rebecca Manzoni sur France Inter. La livraison de paniers légumes locaux/oeuf/poulets organisés par le maraîcher et l’éleveuse de volaille du marché (fermé) de Granville. Le bidouillage informatique d’un de mes salariés un tantinet geek pour réussir à accéder à distance à la base de donnée de l’entreprise. Les applaudissements de 20h, les vidéos-gag amateurs hilarants sur le confinement…

Au final, j’ai la conviction que l’épisode dramatique que nous traversons est aussi une incroyable opportunité. Alors certes, ce bouleversement radical de nos habitudes est angoissant et terriblement douloureux (notamment pour ceux sont touchés de près par le virus) mais il a aussi sa part de vitalité. Une parenthèse dont il serait vraiment dommage de ne pas profiter.

Et pour finir, quelques liens & idées que j’ai envie de vous partager :

  • Un feuilleton que j’adore et qui peut s’écouter en famille :
  • La BD de Joann Sfar « le chat du Rabbin » version radiophonique (profitez-en pour flâner sur le site de France Culture dont l’offre podcast est encore plus riche que d’habitude).
  • Réglez votre réveil sur 7h50 et écoutez à 7h55 la chronique de Daniel Morin « le journal de mon confinement » sur France Inter.
  • Son billet permet de commencer la journée en se marrant (bon l’effet est de courte durée mais même pour 5mn, ça serait dommage de s’en priver.)
  • Une série vidéo conseillée par mon frère pour enfin comprendre les bases de l’économie. Idéal pour ceux qui, comme moi, ne pigent pas toutes les subtilités. Je conseille de commencer par l’épisode #22 « Finance & économie : on récapitule TOUT !
  • Les méditations guidées de Martin Aylward. Je sais que la méditation est un peu la tarte à la crème du moment mais une pratique quotidienne se révèle d’une efficacité bluffante ! (parole d’ anxieuse !).

Et puisqu’on ne peut plus toucher personne, rattrapez vous en faisant encore plus de câlins à l’amoureux(se) avec qui vous être confiné(e). PORTEZ VOUS BIEN !

Sur leur compte Instagram, Macon & Lesquoy offre un petit DIY spécial confinement pour apprendre pas à pas à fabriquer ses jolies broches.

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